laBlonde se mettant aussi à la politique, poussant même le vice à s’entarter s’encarter, je vous invite à lire sa première production sur le sujet, où elle met en avant le candidat qui fait battre son coeur (Monsieur B.).
Son analyse est intéressante, mais je me permettrai d’y opposer quelques arguments, pour faire avancer le débat. Ceci étant dit, je ne suis pas devin, et mes propos n’ont pas vocation à être parole d’Evangile.
La vision de l’UDF
« Ne sont comprises que les choses clairement dites » , dit l’adage, et par extension, l’on pourrait dire « Ne sont choisies que les personnes clairement identifiées ». C’est à mon sens l’un des gros handicaps de l’UDF: il y a quelques années, avec Giscard notamment, l’UDF était porteur de valeurs quasi exclusives, en ce qui concerne l’Europe par exemple, ou une vision plus humaniste de la société.
Or aujourd’hui, ces valeurs ont été récupérées intégrées par les deux grands partis politiques français, et ne peuvent pas/plus être revendiquées par le parti de François Bayrou.
Pour ce l’on en sait, en dehors d’un ni-ni (ni Ségo / ni Sarko), François Bayrou, malgré ses nombreuses propositions peu médiatisées, ne semble pas porteur d’une certaine vision originale de la France.
La sixième république est chère à M.Montebourg, l’ouverture est clairement promue par Nicolas Sarkozy, et la parité fait son bonhomme de chemin à peu près partout, de même que la volonté de supprimer les retours d’ascenseurs, pour ne citer que les exemples relevés par laBlonde.
Les omnipotents
Alors les mauvaises langues diront que les idées précédemment citées sont reprises, et que celui qui les a eu en premier se prénomme François, et a une mémé à Bagnères de Bigorre.
Néanmoins, c’est un fait, d’autres les avancent aussi, et ces autres sont en l’occurrence les deux grands candidats archi-médiatisés.
D’ailleurs, une petite anecdote à ce sujet, pour répondre à celles et ceux qui s’élèvent contre cette omniprésence: voici un élément de la réponse, par Jean-François Achilli, journaliste à France Inter, invité à l’émission Arrêt sur Images.
Deux grandes questions donc:
- Les Français sont-ils schizophrènes ?
- Les médias doivent-ils suivre l’audimat quand il est question de politique et de pouvoir, où se doivent-ils de garder une part d’originalité ?
Ce sont peut-être des sujets de futurs billets :-)
Pour revenir à nos moutons, le battage médiatique pré-campagne officielle risque certainement de desservir le centre, à moins qu’un raz-le-bol général ramène les suffrages vers lui.
Les restes d’un traumatisme
C’est je pense le point le plus difficile qu’aura à combattre François Bayrou.
Vous vous rappelez sûrement toute la médiatisation (même extra-nationale) de la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2002, et plus d’un prédit que dans le secret de l’isoloir, ce traumatisme renverra les voix vers les candidats des partis classiques, à savoir le Parti Socialiste et l’UMP, chacun se sentant responsable, d’une possible présence de l’extrême-droite le 22 avril au soir.
Il y a de toute manière fort à parier que les médias, et Sarkozy et Royal à leur tête, utiliseront massivement cet argument vers la fin de la campagne.
Un gouvernement d’union nationale
J’ai évoqué plus haut l’idée que la notion de gouvernement d’union nationale commençait à être reprise par Nicolas Sarkozy (même faiblement, et dans d’autres termes), mais il me semble (et encore une fois, je réclame le droit à l’erreur !) que les Français ne sont pas prêt à cela. Je m’explique.
La société est assez divisée, caricaturalement entre la gauche et la droite, et j’en veux pour preuve la recrudescence d’adhésions aux partis de Sarkozy et de Royal. Ainsi, je ne suis pas sûr que les Français se retrouvent dans un gouvernement rassemblant toutes les tendances, quand bien même s’il serait en théorie plus représentatif de la population française, et d’autant plus si les personnalités qu’il comprend sont d’illustres inconnus (car il est plus qu’improbable que Nicolas et Ségolène acceptent de siéger dans un même gouvernement, comme la plupart des éléphants ou autres mastodontes politiques d’ailleurs).
Ceci étant dit…
Il est vrai que François Bayrou a l’expérience, la carrure, et une certaine crédibilité, mais qu’ont tout autant ou presque ses principaux concurrents.
Je ne me prononcerais donc pas aujourd’hui pour ou contre tel ou tel candidat, et je demande à voir la suite des évènements !
Affaire à suivre ;-)
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Chef de projet Internet et entrepreneur dans l'âme, passionné du web et des nouvelles technologies, tout comme de politique, retrouvez ici des extraits choisis et très subjectifs que j'ai souhaité conserver.