Posts Tagged "Nicolas Sarkozy"

Nouveau profil Facebook pour Nicolas Sarkozy

Posted by on 10 fév 2012 in featured, Politique, Réseaux sociaux | 0 comments

Le futur déjà candidat et peut-être futur nouvel hôte du Palais de l’Elysée aiguise ses armes sur Facebook : la Timeline au service de la campagne.

La nouvelle fonctionnalité de Facebook déployée petit à petit a un avantage énorme : elle permet de visualiser en un clin d’oeil le bilan d’un élu pour peu qu’elle ait été remplie consciencieusement. Et cette lourde tâche que de retracer la vie du chef de l’Etat a posteriori a été confiée à l’agence Emakina qui s’en est rudement bien sortie.

Voyez plutôt la carte interactive des déplacements du petit Nicolas à travers le monde. Cay pas un beau bilan ça ? ^^

Carte des actions de Sarkozy dans le monde

Carte des actions de Sarkozy dans le monde

Nul doute que cet outil mis au service de la communication du président pourra être utilisé pour ou contre lui par la presse également, car il constitue un parfait rapport détaillé d’activité (parfaitement subjectif cependant) mais tellement pratique…

Petit jeu : qui démélera le vrai du faux dans cet ensemble de faits si bien organisés ?

Notez au passage que si l’outil est sympathique, le Président y perd : il  passe de 500’000 fans sur son ancien profil à 4’661 à l’heure où j’écris ces lignes…

Avant...  Après...

Avant                     /                         Après

Autre petite chose drôle : le profil porte le nom de http://www.facebook.com/nicolassarkozy.fr (l’ancien ayant bloqué le nicolassarkozy), mais le nom de domaine www.nicolassarkozy.fr renvoie vers l’ancien profil… allez comprendre ^^

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La campagne 2012 va pouvoir commencer

Posted by on 10 fév 2012 in Politique | 0 comments

Sarkozy, Hollande, Bayrou, Mélenchon, Le Pen… Etat des lieux des forces en présence…

Le premier est quasiment candidat et lance déjà les premières idées qui le mèneront (ou pas) vers un second mandat. Le second peine un peu à convaincre dès que l’on creuse et entretient (savamment ?) un flou artistique pour probablement de pas griller toutes ses cartes. Le Poulain de La Blonde est beaucoup moins présent qu’en 2007 et ne semble pas générer un embrasement populaire comme celui qui lui avait (presque) réussi lors de l’élection précédente. Le communiste au grand bagou fait un travail de fond qui pourrait bien payer. Quant à la seule femme de ce quintette elle pourrait bien finalement de pas démarrer la course, par orgueil ou par faute du système…

Nicolas Sarkozy

Meilleur candidat que Président disait de lui Jacques Attali. Notre Président de la République pour quelques semaines encore aura finalement eu un quinquennat très particulier, traînant un bon paquet de boulets, une impopularité qui n’aura jamais été mise en défaut, et accessoirement tout de même un contexte économique pas des plus simples. Mails il n’était pas encore réellement candidat jusqu’à aujourd’hui – tout au moins officiellement – et et a fait le choix posé également par ses prédécesseurs de se déclarer le plus tardivement possible. Et même si ses troupes gardent le sourire et espère une campagne éclair telle une Blitzkrieg le propulsant on ne sait trop comment en haut des sondages, le fait est que de démarrer si tard et aussi bas n’est probablement pas fait pour lui rendre la tâche très aisée…

Chez Jean de la Fontaine, la stratégie du lièvre n’est pas la gagnante

François Hollande

Valeureux vainqueur de la primaire socialiste et chouchou des médias pendant de longs moins où il était finalement le seul candidat de renom fréquentable (suivez mon regard), il a cumulé comme son ancienne campagne bientôt cinq ans auparavant un bon paquet de bourdes et de couacs, soit par lui-même soit avec son équipe de campagne, ou encore avec notre amie Eva Joly. Bref, un démarrage assez tôt, une sympathie naturelle du fait d’une volonté de changement quasi innée chez les Français lui laissant par là-même une avance naturelle, une équipe de campagne pas si disciplinée que cela, et un programme qui ne semble pas si précis que cela. C’est bien beau d’avoir 60 propositions, mais les commentaires imprécis pourraient lui faire rapidement perdre pied face à un Sarkozy qui sait montrer qu’il maîtrise ses sujets et qui est un lion dans ce genre de combat d’homme à homme.

Il n’empêche que chez notre ami Jean, la tortue passe la première la ligne d’arrivée

Marine Le Pen

Digne héritière de Monsieur son père pour l’aisance à l’oral, moins effrayante et probablement plus stratège, Mme Marine ressort la ritournelle d’un complot du système contre sa personne et ses idées. Munie d’un programme économique longtemps jugé très peu crédible (bien qu’il se soit trouvé quelqu’économiste récemment validant une partie de ses thèses phares comme la sortie de l’euro) et malgré tout portant le fardeau d’années de faux pas vaseux voire franchement déplacés de Jean-Marie Le Pen, celle qui dit-on représenterait un cinquième des français pourrait ne pas être sur la ligne de départ de la course à l’Elysée. Et si ce refrain a été entendu dans la bouche de son père à chacune de ses tentatives, il se pourrait que ça soit un peu plus vrai que les précédentes. Et les guêpes d’en face n’étant pas folles, aucune consigne n’est clairement donnée pour qu’elle puisse s’aligner au départ. Elle a peut être voulu jouer trop vite à Perrette s’en mordra les doigts… A moins que ça ne soit une fois de plus qu’un bluff bien mieux orchestré…

François Bayrou

Le troisième homme de 2007 a repris son bâton de pèlerin après une longue traversée du désert sans quasiment aucun élu et siégeant presque seul parmi les députés. Malheureusement pour lui, si son discours était pour le coup original en 2007, il passe moins en 2012 et comme l’essai n’a pas été transformé la dernière fois – voire vraiment planté au vu des évènements de l’entre deux tours – il n’est pas du tout dit que le succès soit de nouveau au rendez-vous.

Le mulet se vantant de sa généalogie ?

Jean-Luc Mélenchon

Si l’Extrême Gauche était particulièrement divisée les années précédentes où il manquait parfois de doigts sur une main pour dénombrer les candidats de cette mouvance politique, le représentant du Front de Gauche semble tenir le bon bout, ou en tout cas un bout qui lui permettrait probablement d’aller loin. Même si sa relation avec les médias est plutôt controversée, il a le mérite de se positionner en tant que changement d’une certaine manière plus crédible que François Bayrou, bien plus précis dans ses allégations, en totale maîtrise des sujets abordés, avec des relents de Nicolas Sarkozy dans le style (mais pas dans le fond, loin s’en faut…). Sans savoir où cela le mènera, il séduit les foules à coups de meetings et de salles débordants de sympathisants ou d’appétents au changement enivrés par ses envolées lyriques.

Est-ce que le Renard pourra voler le fromage du Corbeau ?

Les autres ?

Eva Joly est beaucoup trop handicapée car plutôt inconnue en France pour réussir à faire un score conséquent et donc être crédible, Villepin n’ira pas bien loin, Chevènement n’a plus l’âge de courir vers le Château, Poutou et l’héritière d’Arlette bien que peut-être les plus sincères dans leur mandat n’ont en aucune manière l’âme d’un chef d’état et auraient probablement mieux fait de se rallier derrière Mélanchon. Bref, eux et les autres – sauf gros scoop le justifiant – n’auront probablement pas souvent les oreilles qui sifflent à cause de billets de Blig ;-)

Et vous, votre analyse du paysage politique à aujourd’hui ?

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Et je vous le dis : ce sera lui, ou moi

Posted by on 30 oct 2008 in Politique | 3 comments

A l’exception de cette petite phrase d’introduction, ce billet est reproduit dans son intégralité (en respect de la licence CC).

J’aimerai avoir votre avis, non pas sur l’émotion évidente créée par la lecture de ce billet, mais sur la situation vécue, ce que vous auriez fait / pu faire, comment agir…

Le débat est ouvert.


Aujourd’hui, dans le métro 6, je suis
fatigué. Je me trimballe beaucoup de matos photo du shooting d’hier : 3
appareils photo, un trepied, 3 objectifs, flash, accessoires… Sans
compter mon sac habituel de freelance : laptop, chargeur, affaires etc.

J’ai oublié mon portefeuille sur le lieu du shooting et ai dû donc
acheter un ticket à l’arrach’, je loupe une station bref, pas la joie.

Du coup, je me connecte pour passer le temps sur l’un de mes blogs favoris : Secret Défense

Il est question aujourd’hui de la confirmation que Nicolas Sarkozy va obtenir “son” Air Force One,
le fameux avion présidentiel que le monde entier est censé envier au
Américains. Note : 280 millions d’euros, à remettre dans le contexte
d’un budget global de 101 milliards d’euros alloués à la Défense sur
les 6 prochaines années.

Les commentaires sont fermés et je me dirige donc vers le billet initial qui évoquait ce projet,
alors encore confidentiel. Les commentaires sont ici nombreux et
évidemment, rageurs. On y parle beaucoup de ce Président bling-bling,
gâté et irrespectueux de son pays qui connaît la crise.

Le projet Air Force One dans son ensemble est bien sûr plus complexe et
raisonné qu’il ne le laisse penser, mais tout de même, chaque mouvement
de Sarkozy semble prendre des allures de gifle pour le pays auquel il
est censé donner l’exemple.

C’est à ce moment que le SDF craque, au milieu de la rame de métro.
Je ne l’avais pas vu monter, à la station Nationale, ou Chevaleret.
Pour ceux qui empruntent rarement le métro parisien, sachez que les SDF
font partie intégrante du voyage, c’est comme cela. Vendant des
journaux, jouant de la musique ou récitant machinalement une vie de
misère, ils font tristement partie de meubles.

Avec l’habitude, on commence à les ignorer, on se concentre sur sa
musique, sa lecture, sa moue de parisien grincheux. Un sommet de
civilisation.

Je lisais donc mon blog et cet homme, avec le recul, je l’avais vu
Tout le monde l’avait vu. Il est monté dans ma vision périphérique, il
a tendu et vendu son journal dans mon audition inconsciente. Et il a
enfin obtenu mon attention, l’attention de tous les voyageur lorsqu’il
a craqué.

Je ne me rappelle plus des premières phrases.

“ALORS VOILA, VOILA. C’EST CA, LA FRANCE ? PAS UN REGARD, PAS UN
SOURIRE ? JE SUIS HONNÊTE, JE ME BATS POUR TENIR, JE VENDS CES JOURNAUX
TOUS LES JOURS”

Pas une réaction. Enfin, pas une réaction visible. Evidemment, tout
le monde le regarde, le plus discrètement possible. Je sens quelques
machoîres qui se serrent, mais personne ne bouge d’un poil.

“ET RIEN. RIEN ! VOUS VOUS EN FOUTEZ, HEIN ? HIER, J’AI VENDU CES
JOURNAUX PENDANT 10 HEURES ET J’AI QUAND MÊME DORMI DEHORS. VOUS LE
VOYEZ, LE FROID DEHORS, VOUS IMAGINEZ LA TEMPERATURE ??”

Le métro 6 est aérien, et nous montre le ciel blanc d’hiver, le
temps gris. J’ai encore des frissons de mon trajet jusque la station.
Sur les derniers mots, la voix de l’homme s’est légèrement brisée : il
commence à pleurer, mais reste digne. L’homme empoigne soudain les
journaux qui se trouvaient dans son sac et les jette au milieu du
wagon. Pas un bruit, autre que celui du papier froissé.

“VOILA, PRENEZ-LES, CES JOURNAUX, PRENEZ-LES ILS SONT GRATUITS, JE M’EN FOUT CA NE SERT A RIEN”

Il se dirige vers le fond de la rame où je me trouve et se retourne alors pour asséner avec véhémence :

“CONTINUEZ VOTRE VIE, IGNOREZ MOI, MAIS VOUS ALLEZ VOIR CE QUE JE
VAIS FAIRE ! AVANT CE SOIR, JE VAIS EN ATTRAPER UN COMME VOUS, ET JE
VOUS LE DIS : CE SERA LUI, OU MOI”

J’ai un haut le coeur mais ne laisse rien transparaître, aussi
minable que les autres voyageurs. Il parle de survie, d’un truc animal
et hors de toute forme de règles, de loi, de civilité, quelque chose
hors de notre champ des possibles, nous gens bien dans la vie qu’on
nous propose.

“Ce sera lui ou moi” : ses paroles auraient pû être celles de la
colère, mais la tristesse de son regard et la détermination de sa voix
font tout tomber : cet homme est à bout, cet homme se trouve dans une
impasse totale. Une illustration bien vivante de ce que nous ne voyons
en général qu’à travers les médias, de manière purement intellectuelle.
La vision de cet homme, son cri de détresse nous ramènent brutalement à
la vraie vie, celle avec des sens.

L’homme se laisse tomber dans le strapontin en face de moi, la
personne assise à côté s’écarte comme elle peut. Il laisse choire son
sac à dos et prend son visage buriné dans ses mains. Il doit avoir 40
ans.

Ses sanglots silencieux toujours enfouis dans ses paumes, ses doigts
qui grattent lentement sa tête, ses chaussures aux lacets fermement
serrés me présentent un homme digne le matin, perdu le soir.

Une, deux stations, il se tient toujours le visage, dans un slience
d’eglise. Des voyageurs descendent, d’autres montent en enjambant son
sac à dos, son voisin a désormais repris sa lecture et je le regarde.
Face à face, un mec chargé de 3 appareils photos et un homme le visage
dans ses mains. C’est indécent.

Je veux capter son regard et en même temps, je me sens tellement
ridicule et insultant, chargé comme une mûle de produits de
consommation haut de gamme, de mes vêtements de marque, de mon
téléphone qui affiche Libération et de ma molle indignation face à la
dernière lubie de mon Président, de son Président aussi. Mais comment
détourner le regard, ce coup-ci ? Je cherche silencieusement son
attention.

Si j’ai oublié mon portefeuille, j’ai toujours mon porte monnaie, je
le sors et le vide de ses pièces maladroitement, comme un enfant qui
rendrait les billes qu’il a volées. L’homme se tient toujours la tête.
Je devine la tristesse infinie de son visage, l’impasse dans laquelle
il est, mais je sais aussi que sa réalité dépasse la plus triste de mes
imaginations.

Je suis révolté, mais ce qui me révolte encore plus, c’est qu’en
sortant, je commencerai à oublier, comme la plupart des gens oublient,
pour ne pas déprimer eux-même, pour ne pas faire face. Notre argument
massue ? “Que peut-on y faire, ça va changer quoi.” Imparable. On donne
parfois du rab’ de monnaie, à manger, une promesse de don. C’est notre
B.A et cela nous permet de rester “propre et digne” devant le miroir,
quand certains quémandent de l’argent pour rester “propre et digne”
tout court.

Ma station arrive, je dois partir, je ne sais pas comment lui donner cet argent. Il y a à peine 6 euros.

Monsieur…” … Il ne réagit pas.

Monsieur… Monsieur ? Prenez cet argent… Je suis désolé…
Je lui glisse les pièces entre les doigts, sa main esquisse un refus,
j’insiste. Il lève sur moi son visage émacié mais fier, ne sourit pas,
j’ai encore plus honte.

Je me lève et lui dit “de ne pas perdre espoir, ne perdez pas espoir“.

Il ne me regarde pas et bougonne quelque chose de négatif, que je
n’entends pas mais que je comprends bien : dans la marée des gens
indifférents à son sort, il y a ceux qui ne valent pas vraiment mieux
mais qui se révèlent assez faibles pour donner de l’argent sur ce genre
de coup d’éclat. Il a raison : j’aurais pu me considérer comme vraiment
généreux si j’avais aidé cet homme avant ses larmes, avant son volte
face dans cette rame de métro. C’est assez minable, ce que je viens de
faire : J’ai l’impression de donner un sucre à un chien qui crève de la
rage.

Les portes se ferment, je me retrouve sur le quai dans le flot des
gens pressés et pressés d’oublier ce qu’ils ont vu. Je reprends la
marche de ma vie avec ce reflexe de survie : ce n’est pas ma faute, je
n’ai rien fait de mal, c’est la société etc.

Le raisonnement est petit, mais je sais qu’il prévaudra en moi assez
vite, c’est comme ça. En chemin, je me demande comment du coup, je vais
acheter d’autres tickets de de métro pour aller chercher mon
portefeuille tout à l’heure.

Et je retrouve un billet de 50 euros, reçu pour mon anniversaire. En
moi, le débat est impitoyablement rapide : “Tu aurais pu lui donner le
billet”. “Nan, ça se fait pas de donner 50 euros pour un SDF”. Le débat
est clos, la conclusion évidente : les pauvres, il faut respecter leur
condition de pauvres et leur donner des pièces : c’est l’usage, enfin.

Parce que rien n’est parfait et parce qu’aucun système ne peut
emmener tout le monde avec lui, des gens comme cet homme ne peuvent
accéder à notre conscience ou notre attention que le temps d’un
instant, un pic ponctuel d’empathie, de rage ou de honte.

Il y a des gens qui se démènent tous les jours contre ça. Il y des gens
qui s’en foutent. Et il y a, au milieu, la masse de gens comme moi à la
générosité à géometrie variable, donnant suivant leur humeur, la
situation, la culpabilité, l’impact. Bienvenue dans une société du
spectacle qui vous laisse le choix : lui, ou vous.

Source de l’image: Zamario @ Flickr / CC BY NC

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Le Dalaï Lama et les médias: la polémique stérile

Posted by on 20 août 2008 in Media | 0 comments

Vous n’êtes pas passés à côté, le Dalaï Lama est en France, et pour des raisons de politique extérieurs, il y a moultes cafouillages sur sa rencontre ou non avec une quelconque autorité de l’Etat. LaTéléLibre, qui n’est jamais en reste quand il s’agit d’amplifier une polémique (c’est malheureusement le rôle que se doit d’avoir un journaliste politique, pour affirmer une certaine indépendance), interview Dalaï Lama à la sortie de sa rencontre avec Jean-Marc Ayraul, dans le but justement de l’interroger sur ce sur quoi tout le monde fabule et fait des procès d’intentions.

Source: LaTéléLibre

Un homme simple, qui parle vrai et simplement… Ca fait du bien parfois :-) Et j’espère que ça en fera taire beaucoup !

Par contre, histoire de raler un peu, je trouve que les appels de John Paul Lepers sont tout sauf respectueux: « Come, come ! ».

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Mission Olivennes: analyse du discours de Nicolas Sarkozy

Posted by on 23 nov 2007 in Politique | 2 comments

On entend de tout et n’importe quoi sur la Mission Olivennes, et ses propositions enterrinées aujourd’hui par Nicolas Sarkozy. Je propose donc d’écouter ce qu’il a vraiment dit et d’essayer de voir un peu ce que ça donne. Pour ceux qui préfèrent la version texte, vous la trouverez ici.

Je me suis donc amusé à prendre en note le discours de notre président de la République, pour me rendre compte de ce qu’il y racontait.
Grosso merdo, mon billet est organisé de la manière suivante: pour chaque point,

  • Citation / résumé des propos
  • Réaction personnelle

La culture musicale est en danger

Citations

  • Jamais nous n’avons été aussi proche d’un véritable trou noir capable d’engloutir [notre culture].
  • C’est à une véritable destruction de la culture que nous risquons d’assister.
  • le livre pourrait être menacé avec l’arrivée du livre électronique.

Qu’en penser ?

Sur la destruction de la culture, je suis persuadé du contraire.
L’industrie de la culture, telle qu’on la conçoit aujourd’hui est elle vouée à sa perte. Ca, nous sommes bien d’accord, et ça ne me pose pas plus de problème que cela. Oui, je pense que « fabriquant de jaquette de CD » ou « presseur de CD » n’est pas un métier d’avenir. Ce n’est pas grave, il y aura de nouveaux métiers pour compenser.

Ce n’est donc pas une destruction de la culture qu’il faut craindre, mais une révolution de l’industrie musicale qu’il faut espérer, pour qu’elle prenne enfin conscience des enjeux et possibilités de l’ère numérique, pour proposer une offre convainquante et adaptée à cette nouvelle donne.

C’est d’ailleurs ce que disait Jacques Attali (himself, même si je ne suis pas toujours d’accord avec lui), tout en soulignant à propos du livre qu’il est peu probable qu’il disparaisse à moyen terme complètement. Il cohabitera certainement avec une version électronique, mais sa disparition serait fort étonnante.

Le peer-to-peer c’est mal


Citations

  • Internet ne doit pas être une zone de non droit où des hors la loi peuvent piller sans réserve les créations [...] en toute impunité sur le dos des artistes.
  • C’est du vol à l’étalage
  • L’illusion et le mensonge de la gratuité

Qu’en penser ?

Il est évident que le P2P est complètement démocratisé, et qu’il est à la portée du premier internaute. C’est selon ce qui fait que le phénomène n’est pas contrôlable en soit. On l’a vu par le passé, il a toujours existé un bon nombre de réseau de partage de fichier, plus ou moins sécurisé, et quand un tombe, deux nouveaux se créent. Aujourd’hui, avec des réseaux décentralisés comme Kad (Kademlia), Bitorrent, ou dans une certaine mesure eDonkey, il est tout bonnement impossible de contrôler ces échanges, sauf à tendre vers un Internet hyper censuré comme on peut l’observer en Chine.

De plus, ces réseaux ne peuvent pas être fermés, car ils sont partiellement utilisés pour des échanges complètement légaux (comme pour la chaîne de téléchargement de Ratiatum par exemple). Et quand bien même ils seraient fermés, il va de soit qu’un nouveau protocole serait mis en place et adopté pour échanger de manière quasimenent anonyme tout et n’importe quoi.

Les jeunes sont des démons


Citations

  • On ne va pas mettre tous les jeunes en prison.
  • Permettre aux jeunes de comprendre [les conséquences du piratage]

 »Vous noterez pour les plus courageux d’entre vous les allusions/lapsus sur lemot «jeune» »

Qu’en penser ?

Je ne sais pas vous, mais ça me fout en l’air. Oui, les jeunes téléchargent, entre autre par facilité et pour des raisons financières évidentes.
Mais ouvrez les yeux ! Il n’y a pas QUE les jeunes qui téléchargent !
Même les personnes du troisième âge qui découvrent les joies de l’informatique sont ravies de pouvoir accéder à toutes sortes d’œuvres musicales. Alors arrêtons de diaboliser les jeunes, ça ne sert à rien et ça ne fait pas avancer le débat.

Transition de Sarko après ce triste constat, le contenu du rapport qui possède deux axes:

  • Problème d’attractivité de l’offre légale.
  • Déboucher sur des solutions pour lutter contre le piratage.

C’est déjà une bonne chose de se rendre compte que l’offre légale aujourd’hui est ridicule et qu’elle prend bien souvent en otage les clients

Attractivité de l’offre légale


Citations

Il y a un certain nombre de problèmes auxquels il faut apporter des solutions, telles que:

  • Supprimer les verrous techniques qui empêchent de copier et de transformer la musique.
  • Fini les DRM
  • Fini la non-compatibilité entre certaines plateformes de vente et certains baladeurs (Apple et Microsoft, si vous nous entendez…)
  • Réduire le délai entre la projection dans les salles de cinéma et la disponibilité en VOD à 6 mois.

Qu’en penser ?

Là par contre, il y a révolution… Parce que si demain, l’ensemble des œuvres artistiques sont disponibles sans verrou numérique, et utilisables sur n’importe quel lecteur (baladeur, chaïne HiFi, ordinateur, téléphone), à un prix raisonnable (mais ce n’est pas précisé dans les termes !), on arriverait à une vraie offre légale intéressante, en passe peut-être de donner à réfléchir sur l’utilisation de votre Mulet préféré ou non. Parce que quand on voit ça, ça titille de pirater !

Mais honnêtement, je n’y crois pas… Les intérêts sont trop grands pour les majors, et la résistance au changement trop importante. Cela impliquerait une remise en question trop profonde de l’industrie, qu’elle n’est sûrement pas prête à faire. Et si l’on met à part la récente initiative de Deezer, l’industrie du disque n’a pas montré une réelle démarche de créativité pour se réformer de fond en comble.

Lutter contre le piratage


Citations

  • Sanctions pour les «pirates de bonne foi»:
    • Envoi de mail d’avertissement.
    • Avertissement gradués
    • Possibilité de suspendre l’accès à Internet
  • Pour les revendeurs / trafficants: droit commun de la contrefaçon
  • Les FAI s’engagent à mettre en oeuvre des dispositifs de filtrage.
  • Retirer les fichiers pirates des plateformes d’hébergement.

Qu’en penser ?

Je l’ai dit plus haut: lutter contre le piratage me parait particulièrement difficile, parce que comme pour toute protection: les pirates en tout genre ont toujours une longueur d’avance et que d’une manière ou d’une autre, aucun système n’est fiable.

Que les FAI ferment des comptes… ça me parait tout aussi improbable… De plus, si je télécharge des données cryptées, et que je les décrytpes sur ma machine. Comment mon FAI peut-il savoir que c’est le dernier morceau de Madona de La Rue Kétanou ?

Et pour ce qui est de retirer les fichiers pirates des plateformes d’hébergement, les réseaux de partage décentralisés résolvent le problème: les fichiers sont nulle part et partout à la fois !

Bonus: les âneries de la fin

Trop beau discours pour finir sur une telle note si optimiste !

Dernière citation (en substance): Nous ne défendons pas d’abord les grands artistes. Si le système continue ainsi, les jeunes artistes ne pourront plus avoir accès à rien. On défend d’abord ceux qui n’ont pas rencontré leur public.

Alors là, M. le Président, vous n’avez rien compris à toute la dynamique du Web 2.0. C’était bien la peine de vous rendre au Web 3.0 de votre ami Loïc l’année dernière !

Si je vous cite Kamini, Koxie, oserais-je Lorie. (bon, OK, les appeler «artiste» est un grand mot, mais le débat n’est pas là et vous ferez le tri, je cherchais juste des exemples parlants !);
Si je vous site Jamendo, avec des la musique libre et pourtant écoutée;
Si je vous cite les labels éthiques, ou les récentes initiatives de Radiohead ou de Barbara Hendricks;
Si je vous cite les inombrables groupes présents sur MySpace qui rencontrent un public et s’y font connaître…

Ah bah oui… il existe aussi autre chose que l’industrie du disque classique… Seulement on ne s’y fait pas autant de pognon… N’empêche qu’on s’en fait quand même, et que ça fonctionne aussi…

Conclusion

Comme dit Sarko: «Rendez-vous dans six mois pour voir ce que ça donne». Je suis curieux de voir ça ;-)

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