Catégorie : Media

Il y a des tensions entre le parlement et le gouvernement

Tiens, un billet politique…ça faisait longtemps ^^

J’entends de plus en plus que le parlement est en conflit avec le gouvernement, même au sein de la majorité, qu’ils disent…

Ca me pose un certain nombre de questions, et me donne envie de réfléchir sur le rôle du parlement, sur sa mission, son amplitude d’action, et la nécessité de la cohérence, ou non, avec le gouvernement et le président qui en l’occurence l’ont conduit à siéger.

  1. Est-ce que la majorité parlementaire a l’obligation de voter une loi, tel une secrétaire du gouvernement, promise ou demandée par le gouvernement / le président ?
  2. Est-ce que la majorité parlementaire a l’autorisation de s’opposer à toute ou partie d’une loin répondant à la description sus-citée ?
  3. Quel est le rôle des autres parlementaires, non membres de la majorité parlementaire, et donc a priori dans l’opposition ?
  4. Quel est le rôle des médias dans la retranscription des débats parlementaires ?

Voici donc des questions qui sont, pense-je, intéressantes à creuser pour bien cerner les enjeux des réformes en cours…

La majorité, secrétaire du gouvernement ?

Cela a été le cas pendant un bon bout de temps. En dehors d’une cohabitation malsaine, le président proposait, le gouvernement rédigeait, et le parlement votait. Basta, circulez, il n’y a rien à commenter.

Cela va sans dire que ce genre de caricature de démocratie ne va qu’un temps, et qu’elle n’encourage assurément pas le débat d’idées, ni la remise en question de l’Etat.

Au « non » de l’opposition

S’il y a un truc qui me sort par les trous de nez, ce sont les blocages débiles et les oppositions non constructives, et si vous prenez la peine de suivre un tant soit peu les débats au parlement, cela vous sautera aux yeux: l’opposition actuelle (et cela semble malheureusement vrai aussi de manière historique) se borne à scléroser le débat sur des points de débats polémiques, ou présentés comme tels, plutôt que d’essayer d’appréhender l’ensemble du texte débattu, et de l’améliorer.

L’exemple le plus criant concerne la loi désormais adoptée sur l’immigration, et caricaturée par les tests ADN. C’était une loi globale sur l’immigration, et tout le débat s’est porté sur un seul point, largement amendé et vidé de son sens d’ailleurs, plutôt que de regarder le reste. Bref, une loi qui passe comme une lettre à la poste ou presque. En magie, on utilise cette technique pour faire des tours: attirer l’attention sur un point pour vous faire un enfant dans le dos. Je ne sais pas si c’était intentionnel, mais ça a carrément marché.

Les médias dans le débat démocratique

Les médias ont plusieurs buts et missions:

  • le premier, vicéral ou présenté comme tel : être un véritable troisième/quatrième/après j’arrête de compter pouvoir permettant le débat et la contre-proposition ;
  • le second, éduquer et informer la population ;
  • le troisième, nécessaire : il faut bien manger, et donc vendre un max.

En caricaturant un peu, leur boulot au quotidien se résume à:

  • pour assurer le premier objectif, on râle et on relaie les objections de l’opposition;
  • pour garantir le troisième, on se cantonne à ces mêmes objections et points de polémiques bien lourd, histoire de vendre ou de faire de l’audience ;
  • et on oublie allègrement le second, car le plus coûteux et le moins vendeur, la faute aux cons qui lisent et achètent à nous.

Je reprendrais ici l’exemple des tests ADN : je pense que dans ce cas précis, les médias ont clairement échoué dans leur rôle d’information et d’éducation, et portent une lourde responsabilité dans la désinformation sur la loi de l’immigration et les débats qui ont eu lieu autour.

Quand bien même l’opposition n’est pas fichue de débattre de manière constructive, ça devrait être le rôle des médias de débattre et d’informer sur l’ensemble de la loi, et pas sur un simple amendement polémique et stupide, qui de fait ne sera jamais utilisé, car trop compliqué à mettre en oeuvre.

La majorité, vraie force de proposition face au gouvernement ?

Vous remarquerez que je n’ai ici cité aucun parti, car je pense que ces questions dépassent largement une alternance particulière, et il y a fort à parier que l’on pourra se les reposer de manière très similaire si la majorité vient à s’inverser à la prochaine législature.

Ce qui m’interpelle, c’est que l’opposition, surtout dans le rapport de force actuel, mais dans l’absolu, en tant que minorité parlementaire ne sert a rien. Elle ne propose rien de construit, se contente de polémiquer et de caricaturer, et dans le cas présent, n’est même pas capable de se positionner de manière constructive sur des sujets de société qui devraient faire une certaine unanimité.

Par contre, ce que les médias soulignent comme des tensions entre gouvernement et majorité relève selon moi de la bonne marche d’une démocratie dans laquelle le parlement est en bonne santé. En effet, vous aurez je le pense noté que les projets de lois proposés par le gouvernement sont largement amendés par la majorité. Que les textes vivent et évoluent, et que cela ne les empêche pas, pour la plupart, de sortir de manière construite et performante (attention, je ne juge pas ici le fond, c’est un fait a priori peu objectable).

J’en conclue donc que la majorité n’est clairement pas une force d’opposition systèmatique comme peut-être la minorité parlementaire (dans l’absolu), ni même une source de tension ou de bloquage (ou ne devrait pas l’être), mais avec la liberté élargie de son ordre du jour, la force de son nombre, elle peut, et assurément doit être une force de proposition constructive, permettant un dialogue et un débat démocratique sain entre le gouvernement nommé, et le peuple électeur.

On pourrait alors être en droit que les médias soulignent bien plus les débats d’idée que les petites phrases et les conflits de personne, mais on est alors dans l’utopie la plus complète, et ce n’est pas le sujet ici 😉

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Le suicide et l’homosexualité vus par France Inter

Ce matin, France Inter nous apprend ou réapprend que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 17-25 ans, après les accidents de la route.

L’information “nouvelle” est par contre de dire que d’après deux “études” (française donc pensant comme nous, et américaine donc ayant le crédit scientifique qu’il nous manque), les “jeunes homosexuels” seraient 12 fois plus suicidaires que “les autres” (j’admire ce “les autres” et tout ce qu’il peut vouloir dire, ou pas !).

Jusqu’ici, rien d’autre ou presque qu’un chiffre qui semble statistiquement objectif.

(si tant est qu’un jeune de 17 ans puisse ou sache se définir comme homosexuel).

C’est la suite qui m’embête…

Car d’après France Inter, ce taux de suicide serait uniquement expliqué par toutes les railleries quotidiennes à destination des homosexuels et qu’il convient désormais d’appeler “homophobie“.

Selon moi, j’y vois deux malhonnêtetés intellectuelles:

  • premièrement, difficile de dire que le suicide d’un jeune peut être expliqué (peut-il seulement l’être ?) par une la seule cause de l’homosexualité;
  • deuxièmement, cela me paraît encore plus malhonnête de dire que dans ce cas, la “culture homophobe” du monde qui l’entoure en est responsable;

D’autres causes possibles en vrac: la peur de l’inconnu, ne pas accepter (par rapport à soi), qui sont autant de cause endogènes…

Petite précision: mon propos n’est pas ici de critiquer les homosexuels ou l’homosexualité, ce serait particulièrement mal vu, et presque (ou complètement ?) répréhensible. J’estime juste que le raisonnement de France Inter tend à faire passer des arguments incomplets… Je ne suis pas non plus expert de l’un ou l’autre des domaines. Juste un simple auditeur…

Source de l’image: Philippe Leroyer @ Flickr

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Le Dalaï Lama et les médias: la polémique stérile

Vous n’êtes pas passés à côté, le Dalaï Lama est en France, et pour des raisons de politique extérieurs, il y a moultes cafouillages sur sa rencontre ou non avec une quelconque autorité de l’Etat. LaTéléLibre, qui n’est jamais en reste quand il s’agit d’amplifier une polémique (c’est malheureusement le rôle que se doit d’avoir un journaliste politique, pour affirmer une certaine indépendance), interview Dalaï Lama à la sortie de sa rencontre avec Jean-Marc Ayraul, dans le but justement de l’interroger sur ce sur quoi tout le monde fabule et fait des procès d’intentions.

Source: LaTéléLibre

Un homme simple, qui parle vrai et simplement… Ca fait du bien parfois 🙂 Et j’espère que ça en fera taire beaucoup !

Par contre, histoire de raler un peu, je trouve que les appels de John Paul Lepers sont tout sauf respectueux: “Come, come !”.

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Plus belle la vie, 1000 épisodes pour un si grand succès

Cette série à la française est en passe d’atteindre le millième épisode tourné et bientôt diffusé.

C’est un doux euphémisme de signaler qu’une telle longévité pour une série dans la langue de Molière n’est pas courante. Ce serait même la première à passer ce cap.

Quelques chiffres: Jeudi 19 juin 2008 – 5,8 millions de téléspectateurs pour 25.2 % de part de marché (source)

Alors pour célébrer ce record, vous n’êtes certainement pas passés à côté de nombreux articles glorifiant cet indéniable succès, d’une qualité incommensurable, de surcroît réalisé par et pour le service public. Tant qu’à faire, on lui tape tellement dessus que pour une fois, on peut envisager de l’encenser un peu… (voir l’AFP, 20 minutes, France Soir, Le Figaro, ou même France Inter ce matin)

Et bien chers lecteurs, que j’espère ne pas choquer: ne comptez pas sur moi pour ça !

Il me semble fort opportun de se poser une question: est-ce qu’un succès, quelle que soit son ampleur, est synonyme d’une qualité du même niveau ?

Sans vouloir rentrer dans une philosophie de supermarché, je pense qu’il est tout de même important d’essayer d’y répondre.

Depuis quelques années (peut-être une dizaine), les phénomènes de mode et de masse se multiplient. Je ne citerai qu’un seul exemple, qui me semble tout à fait approprié: la fabrique à stars d’Endemol. Rassemblant un audimat impressionant depuis maintenant sept ans, elle a ses adeptes comme ses détracteurs, mais on s’accordera à dire que si cette émission est très bien ficelée d’un point de vue marketing, ce qui en sort n’est pas d’une très grande qualité. J’en veux pour preuve la longévité des stars officiellement diplômés de ce truc.

Mais revenons à nos moutons. Ce qui me saute aux yeux quand je tombe sur Plus belle la vie, c’est la qualité du jeu des acteurs.

Je n’ai aucune idée du mode de recrutement des personnages, mais chers téléspectateurs, ouvrez les yeux. Sauf erreur de ma part, aucune personne censée ne peut affirmer que ces gens jouent bien ! Ils ne sont pas crédibles pour un sou, le scénario est cousu de fil blanc, tout semble ultra superficiel… Bref, selon moi, une pâle copie d’un sitcom anglo-saxon, qui ne valent pas mieux, entendons nous bien…

Cependant, c’est peut-être ce que le bon peuple de France attend de son service public … Au delà du fait que je trouve ça très dommage, je ne m’y retrouve absolument pas, et en attend quelque chose d’un peu plus qualitatif !

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C’est quand même bien les journalistes libres !

Source: LaTeleLibre
Et on rale contre la décadence du pouvoir politique, contre notre Président qui devient vulgaire… Et parce qu’un journaliste est libre, il se permet de l’être tout autant… Bravo !
Pour la petite histoire, je ne pensais pas bloguer politique aujourd’hui mais bon, quand on tend des perches… Non, je n’ai pas voté, car inscrit dans un village de 650 habitants, dans lequel les résultats d’élection ne me concerneront quasi plus, et comme je n’ai pas transféré mon inscription à Lille… faut bien une première fois, non ?
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Vincent Roca @ Les évadés du fou du roi

Chronique drolissime et tellement bien écrite qui a égaillé mon réveil ce matin. Je me dois de la partager avec vous !

Ceux qui veulent écouter quotidiennement, c’est à 7h55, sur France Inter (103.7Hz), ou sur Internet, même si ce n’est pas toujours aussi bon.

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Qui est responsable de la pipolitisation ?

Ca faisait longtemps que je n’avais pas repris la plume pour parler politique. Et en fait, je ne vais pas en parler tant que ça.

D’hommes politiques, oui. De média certainement. De people évidemment. Mais de politique, finalement pas.

Les enquêtes d’opinion se multiplient pour dire qu’on en a raz-le-bol de tout savoir sur la vie privé des hommes politiques.

On leur reproche d’ailleurs, et à notre bien-aimé 48%-aimé président en tête de tous (les autres nétant pas en reste pour autant), d’étaler leur vie privée au grand jour.

Mariages, divorces, flirts, livres, révélations, re-livres, contre révélations. Et à chaque fois, moultes unes !

Rien qu’aujourd’hui, on annonce la sortie de trois livres sur l’ex-première dame de France, déjà des procès pour ceux qui ne lui plaisent pas, et tous nos quotidiens en parlent bien plus que de raisonnable.

Preuve s’il en faut que la vie privée des politiques devient plus importante que ce qu’ils peuvent bien dire sur le fond, la deuxième question (appréciez la courtoisie le protocole) posée lors de la conférence de presse de Sarko, portait sur la date de son mariage ! (la première ayant été posée par la présidente d’une association de journalistes sur la liberté de la presse, pure formalité même si la question eut pu être judicieuse dans de telles circonstances).

Mais on s’en tape complètement !

Journalistes, arrêtez de nous bassiner avec cette fausse information qui n’a rien à faire dans vos quotidiens, et sûrement pas dans vos unes!

Ne savez rien dire d’autre ? qui vous a lavé le cerveau ? où est votre esprit critique ?

A moins que ça soit la seule chose qui se vende, et alors là… pauvre France !

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