Devant le drame tellement répété et insoutenable des migrants qui s’échouent sur nos plages, campent dans nos forêts et tentent contre vents et marées d’atteindre une terre d’asile qui ne veut d’eux à aucun prix,
Devant une classe politique qui oscille entre des expressions d’indignation convenues et inaction coupable depuis bien trop longtemps, à cumuler appels, sommets et annonces d’installations de campements de fortune à un horizon bien trop lointain pour ces malheureux qui meurent de faim, de soif, d’épuisement, quelle que soit leur origine et leur raison d’être là.

Accueillir les migrants

Car oui, tous ne fuient pas la guerre et les abominations causées au nom d’un Dieu que je ne connais pas,

Bon nombre ont tenté au péril de leur vie de rejoindre nos contrées pour un avenir meilleur, comme d’autres ont émigré hier vers les États-Unis et leur côte Ouest pour redémarrer une vie et espérer un lendemain meilleur, ou juste un lendemain tout court.

Alors plutôt que de se contenter de compter les corps et de fermer les yeux jusqu’à la prochaine photo qui nous fera nous émouvoir, et retourner à nos occupations ô combien utiles, si nous utilisions cette situation pour tous nous sortir du marasme actuel et profiter de cette chance que sont ces migrants pour enfin faire une révolution humaine, sociale, sociétale, qui serait notre honneur, notre salut, et peut-être notre meilleure opportunité de nous améliorer ?

Il paraît que la France ne fait pas de réformes, uniquement des révolutions. Le moment est probablement venu de nous mettre en risque et de changer de modèle.

De toute façon, ces migrants continueront d’affluer, enjambant les morts qui ont essayé avant eux, quels que soient les risques.
De tout façon, nous sommes incapables d’intervenir convenablement à la source pour enrayer les tyrannies et les misères qui les jettent dans nos bras (même si ça vaut la peine de continuer d’essayer pour ne pas laisser faire ce que nous nous épuisons à condamner), dans des délais raisonnables pour obtenir une correction durable de la situation actuelle.

Certes notre pays ne va pas particulièrement bien :

  • taux de chômage au plus haut,
  • dirigeants démagogiques,
  • croissance rêvée mais non cherchée, et probablement vaine dans la durée,
  • privilégiés défendant un pré-carré toujours plus choquant

Et j’en passe…

Et si ces foules qui se pressent à nos portes étaient la source de notre salut ?
Si elles nous permettaient de changer ce pays et de lui donner un nouveau souffle ?
Si elles étaient l’écrin de toute la créativité et de la combativité – Dieu sait qu’ils ont du en faire preuve pour arriver jusqu’à nous – pour inventer un nouveau modèle, respectueux et laïque, divers et commun, qui servirait notre intérêt supérieur à tous ?

Comment ne pas croire que des personnes issues de classes moyennes majoritaire (donc éduquées), ayant traversé des épreuves terribles ne voudraient pas prendre leur part à la construction d’un pays qui leur ouvrirait les bras et leur offrirait l’asile ?

Ils seraient probablement bien plus enclins que bon nombre de Français inconscients de leur chance à remonter leurs manches et imaginer un nouveau modèle.

Cela voudrait dire faire fi de tous nos préjugés, sur nous-mêmes et sur eux,
Accepter de revoir notre modèle actuel pour qu’il s’adapte à une situation exceptionnelle, sans favoriser les aides stériles mais en nous mettant collectivement au travail,
Définir des règles communes nous mettant tous sur un pied d’égalité, en fonction de notre mérite à construire cet avenir,
Bâtir ensemble et repeupler avec eux villes et campagnes, en créant une nouvelle richesse par le travail collectif.

Cela nécessite par contre un grand nombre de conditions pour que cela ait une chance de réussir.

De la rigueur,
Pour que l’accueil ne soit pas sans condition, et qu’intégrer à terme un pays et/ou une nationalité soit un système volontaire et contraignant, en adhérant à une langue, à des valeurs, à des principes, etc.

De l’honnêteté,
En limitant les abus dans un sens ou dans l’autre, et en informant correctement ces migrants des “conditions” de l’accueil, et que ça ne sera pas “open bar” et “la course aux aides sociales” mais contrat d’accueil donnant-donnant.
Ce contrat, signé par tous les français (par référendum ?) devra également revoir nos règles de distribution d’aides à tous, de coût du travail – car ces migrants travailleront et créeront de la valeur collective, de rémunération, d’élections, etc.

De l’absence de démagogie et de populisme,
Parce que nous n’avons pas le droit d’instrumentaliser ces hommes, ces femmes et ces enfants qui auraient préféré vivre heureux dans un pays qui ne veut plus d’eux ou où ils n’ont plus d’avenir, et qu’il faudra être intransigeant pour que ce contrat soit tripartite et impose des comportements responsables de la part de chacun des citoyens, des politiques, et des migrants.

Et de la charité
Appelez-ça de l’amour si vous préférez, mais il nous faudra accepter qu’à terme, ces personnes deviennent nos frères, nos sœurs, nos femmes et nos maris.

Accepter que notre pays changera de visage, mais pas forcément pour un pire, mais nous pourrons regarder ce visage en nous disant que nous n’avons pas laissé mourir des peuples à quelques kilomètres de l’Europe.

C’est peut-être une utopie, mais comme tout le reste semble échouer, même si c’est un chemin que peu explorent que risquons nous à essayer ?

Je suis bien sûr preneur de  vos commentaires !